Lancement officiel du réseau Nord Charente le 14 février 2009

Nord-Charente Wireless inaugure son réseau WiFi mesh

WIFI en Nord-Charente : signal bien reçu par la population.

Jeudi 19 février 2009, par Pascal Rullier // L’actualité

C’était un peu comme pour l’arrivée de la télévision dans les foyers il y a près d’un demi-siècle. Samedi matin à Fontenille, une grande partie de la population s’est précipitée à la salle des fêtes en vue d’assister au lancement officiel d’une toute nouvelle technologie pour eux : l’ADSL (internet à haut débit). Jusqu’à une période relativement récente, trois foyers du village sur dix ramaient encore en 56 kilos-octets par seconde quand, dans la commune voisine de Lonnes, « ADSL » n’était pour absolument tout le monde rien d’autre qu’un nom qui faisait rêver. C’est dire si Medhi Giraud, informaticien chez Leroy-Somer, Vincent Turcat, Nicolas Mancia et Jean-Michel Renon ne sont pas peu fiers de la prouesse qu’ils ont réussie en amenant le haut-débit partout dans ces deux localités.

En décembre 2007, ces « fatigués d’attendre » ont créé « Nord-Charente Wireless », une association loi 1901, avec pour ambition de mettre fin à la fracture numérique en pays ruffécois dans le sillon d’autres initiatives du genre, notamment celles des associations « Wifi Braconne et Charente », entre Asnières-sur-Nouère et Jauldes, et « Wifi Plassac-Rouffiac » dans la commune du même nom, ou encore de la communauté de communes des 3B (Baignes, Barbezieux, Brossac) qui a résorbé par le wifi (internet sans fil) les zones d’ombre dans neuf villages il y a un peu plus d’un an. Au terme d’un véritable parcours du combattant, l’association de Fontenille est parvenue à développer son propre réseau. En utilisant elle aussi le principe du sans-fil.

Un réseau citoyen

« La meilleure alternative à notre sens, assure Medhi Giraud, et la plus économique. » Depuis fin juin, Fontenille et Lonnes ont terminé de tisser leur toile invisible. Grâce à un système d’entraide technique citoyen. « Le signal de 18 mégaoctets est pris à la mairie de Mansle, détaille Medhi Giraud. Il est répercuté sur les châteaux d’eau puis rediffusé dans les foyers. Ensuite, chacun va chercher internet chez son voisin. » Une méthode qui permet d’obtenir des débits oscillant entre 3 et 5 mégaoctets par seconde. Pour 10 € par mois. Mais il faut aussi adhérer à l’association (10 € à l’année), reconnue légalement comme un fournisseur d’accès, et s’acheter un kit de connexion à 120 €. Voire acquérir la « NCWBOX ». Moyennant 60 €, ce routeur en option permet de répartir le signal entre les ordinateurs de la maison. Evidemment, le système se heurte à certaines limites. Pas de télé par ADSL, pas (encore) de téléphonie illimitée et quelques restrictions d’accès parfois draconiennes et un service technique qui, bien qu’efficace, ne repose que sur du bénévolat. Mais, de l’avis des utilisateurs rassemblés samedi, « ce n’est pas souvent que ça ne marche pas ». Une bonne nouvelle pour les habitants de Ventouse et de Saint-Front qui devraient bientôt être reliés au réseau.

Une maquette représentant le réseau avait été confectionnée pour l’occasion. Dévoilée à la fin de la réunion animée par Medhi Giraud (à droite), elle a beaucoup intéressé le public • photo B. C.

Source : http://www.nordcharentewireless.com/2009/02/aujourdhui-dans-la-charente-libre/